Sièges et destruction de la Mothe (5)

Publié le par Karolvs

Le siège de 1645

  (troisième siège de la Mothe)

§ 1. — PRÉLUDE


La mort avait opéré différents changements à la Cour de France. Richelieu avait disparu depuis le 4 décembre 1642 ; son roi Louis XIII le suivait dans la tombe, le 14 mai 1643. Louis XIV n'était qu'un enfant, lorsqu'il dut ceindre la plus belle couronne d'Europe. Mais le pouvoir tombait dans les mains d'un ministre qui, sans avoir la haute intelligence de Richelieu, en avait toute la ruse, j'ose . même dire toute la fourberie. J'ai nommé l'italien Mazarini, le cardinal Mazarin. Il continuera la même politique à l'égard de notre pauvre Lorraine.

Ces lignes nous annoncent les tristes événements qui vont suivre.

"Entre la France et l'Allemagne est un petit pays, autrefois plus grand, d'où sont sortis Charles Martel, Charlemagne, Godefroi de Bouillon, Jeanne d'Arc,
les ducs de Guise qui ont sauvé la France contre les Mahométans, contre les Anglais, contre elle-même (guerres civiles). Suivant son instinct originel, ce pays se dévoue à sauver l'Allemagne contre les Turcs à l'Orient et contre les hérétiques au Nord. Les fils dégénérés de Saint Louis le trouveront mauvais, ils se ligueront avec les hérétiques du Nord pour accabler ce petit pays pendant soixante-six ans, de telle manière que quand le souverain légitime pourra y revenir, les châteaux de la noblesse seront rasés, des villages entiers (aussi des villes) auront disparu, leurs ruines serviront de retraite aux bêtes fauves, les chemins seront couverts d'épines, les lieux les plus peuplés autrefois ne seront plus que de vastes solitudes."

 

Nous sommes, hélas ! dans les jours mauvais ou se vont réaliser pour notre forteresse ces lugubres prédictions. Pour mieux éclairer le lecteur sur les événements qui vont se dérouler, ajoutons encore les lignes suivantes de Rohrbacher dans son histoire universelle de l'Eglise. " La France eut la guerre avec l'Espagne et avec l'Allemagne catholique jusqu'en 1648, sous la minorité de Louis XIV, la régence de sa mère, Anne d'Autriche, et le ministère du cardinal, Jules Mazarin ; celui-ci, sicilien d'origine, né à Rome, verse dans la connaissance du droit, dans l'art militaire, dans la diplomatie, puis devenu ecclésiastique, vice-légat d'Avignon, nonce extraordinaire en France, où il gagna l'estime et la confiance de Richelieu et de Louis XIII qui le fit nommer cardinal, et dont le premier le recommanda au second sur son lit de mort."

 

 § 2. — COMMENCEMENT DU BLOCUS


Le 6 décembre 1644, par ordre de Mazarin, la ville de La Mothe fut de nouveau investie. Elle avait toujours pour gouverneur l'illustre et fidèle Laurent de Cliqnot, général des armées de Charles IV.

L'armée française était commandée par Magalotti, parent de Mazarin, et comme ce cardinal, italien d'origine. Sa parenté avec le ministre en faisait un favori de la cour ; il tenait à s'illustrer par quelque fait d'armes pour obtenir le bâton de maréchal. Il commandait le régiment Royal-Italien de son Eminence le cardinal Mazarin. Aussi, qu'ils étaient nombreux dans son armée les officiers italiens! Les de Bussi-Lamet, de Campi, de Bufcalini, de Batilli, de Piccolomini, de Ruvigni, etc. Si Cliquot avait un millier de soldats et quelques centaines de bourgeois et habitants de La Mothe pour soutenir la défense, Magalotti, avec ses douze régiments français et italiens, avait un nombre de soldats six fois plus considérable.

Pendant les premiers mois, décembre, janvier et même février, on ne signale que des escarmouches. Les français travaillaient à creuser des tranchées. Ils allaient même au loin requérir des ouvriers pour leur faire exécuter ces travaux (1). Mais du haut de leurs murailles, les assiégés veil
laient et envoyaient aux travailleurs force biscaiens qui faisaient de nombreuses victimes, De plus, les sorties étaient fréquentes. Enfin, la saison était mauvaise, la vallée fut souvent inondée et par moment le froid fut extrême. Aussi, l'armée française elle-même eut beaucoup à souffrir, et c'est ce qui nous explique la lenteur avec laquelle se faisaient les travaux de l'attaque.


§ 3. — LES PETITS BILLETS


Nous allons voir à l'oeuvre l'italien Magalotti !

Sans doute, il n'avait pas confiance complète dans la valeur de son armée, car il employa des moyens que tout vrai général français ne manquerait pas de désavouer. Il fit semer sur les glacis de la place des billets ainsi conçus : on donnera un passeport et un écu à tous ceux qui voudront se retirer. C'est la corruption dans toute sa laideur. Après ces tentatives, on faisait annoncer dans la Gazette de France, que les désertions étaient fréquentes et nombreuses. De tels succès, obtenus par de tels moyens, nous paraissent encore contestables. Les braves, qui défendaient leur ville, n'étaient pas hommes à se laisser prendre par des billets de ce genre.


§ 4. — QUELQUES SORTIES


Les assiégés ne restaient pas inactifs dans leurs murailles. Ils travaillaient sous l'habile direction de Cliquot au blindage de leurs remparts : ils construisaient des chemins couverts où ils se trouvaient en sûreté pour se défendre. De plus, ils faisaient contre l'ennemi et les travailleurs de fréquentes et audacieuses sorties. La Gazette de France en rapporte quelques unes.

Le 25 février 1645, trois cents fantassins et cinquante chevaux viennent se battre jusqu'au bas de la montagne. Le 6 mars 1645, cinq cents hommes font une sortie sur le quartier de M. de Bar, maréchal de camp, et bousculent une redoute inachevée. Le 29 mars, six cents hommes et soixante chevaux tombent à l'improviste sur le chevalier de la Hillière et ils allaient l'écraser, si Magalotti lui-même n'était accouru. Le combat fut violent. La Hillière eut son cheval tué ; Magalotti lui-même en aurait eu trois tués ou mis hors de combat, et les assiégés ne rentrèrent dans leurs murailles que parce qu'ils allaient succomber sous le nombre.

 

§ 5. — VOEU SUPRÊME


Le danger néanmoins devenait de plus en plus grand pour la courageuse cité. On savait par l'ennemi luimême et on sentait par ses préparatifs que les mines allaient être prêtes, retardées seulement par le mauvais, terrain qu'il fallait étayer, et que, d'un moment à l'autre, une partie de la ville pouvait sauter. La nuit du 24 au 26 mai s'était passée en alarmes ; les Français avaient tenté l'assaut de la contrescarpe ; une vive mousqueterie, des pierres et des rochers les avaient empêchés de s'y maintenir. Physiquement et moralement, l'assiégé était à bout de forces : un miracle seul pouvait sauver la ville. Dieu était le dernier espoir. Aussi le 23 mai, la communauté se réunit chez M. de Héraudel, prévost des chanoines, et résolut, pour adoucir l'ire de Dieu, de vouer une seconde fois le pèlerinage de Notre-Dame de Bon-Secours et de Saint-Nicolas du Port. Cette délibération, immédiatement rédigée par Nicolas Duboys de Riocour, fut signée séance tenante par les bourgeois présents ; elle a été publiée en 1894 par M. Marchal, qui nous en a donné un fac-similé phototypique. En voici la teneur :

 

"Cejourd'huy vingt-troisième may mil six cent qua" rante cinq, la Communauté et la bourgeoisie de La Mothe estant assemblés en la maison où réside le sieur Prévost des cha.ioines, a esté rézolu et conclut, que pour implorer l'assistance du ciel pendant les malheurs du siège où est à présent ladite ville de La Mothe, elle s'oblige à faire un voeu le jour de l'Ascension prochainement venant, vingt-cinquième du courant, pour l'exécution duquel elle fournira les personnes et les frais qui y seront nécessaires, et la teneur duquel voeu a esté inscript en bas de cette comme s'ensuit : suivant la minute qui en ha esté présentée, leu et approuvée en ladite communaulté, pour la prononciation duquel voeu ladite communaulté a choisy noble maistre Jean Baptiste Collin, advocat et ancien bourgeois de ladite Mothe, à cause de la maladie du sieur Thouvenel, mayeur et absence de son lieutenant, accompagné des eschevins et greffier de ladite mairie.

Nous, représentants les corps de la communauté de la ville de la Mothe, estant à genoux devant le Saint-Sacrement de Pheucaristie exposé sur le maistre autel parochialle de l'église de ce lieu dédiée à l'hon" neur de la Sacrée Vierge Marie, en présence de Messieurs les Vénérables Prévost et Chanoines de l'église collégiale et d'un grand nombre de bourgeois

Vouons et Promettons qu'incontinent après qu'il aura pieu à Dieu nous faire sortir des dangers où nous sommes pendant le siège présent, ladite communaulté ou quelques personnes en ayant charge d'elle, ira, par un pèlerinage exprès, en la chapelle de Notre Dame de Bon-Secours-les-Nancy, et delà en l'église Sainct-Nicolas, pour remercier la Saincte Vierge et le patron de Lorraine Sainct Nicolas, des assistance et faveurs qu'ils nous auront donnés pendant ce siège, sy ledit pèlerinage se peut commodément faire, sinon d'envoyer soûls mains aux Religieux des dictes églises jusque à la somme de cinquante francs pour célébrer quelles messes en action de grâces, ou bien employer le double de ladite somme en l'église de ce lieu, au mesme subject, avec très humbles supplications a auprès du bon Dieu, que par les mérites et intercessions de la Saincte Vierge et de Benoist Sainct Nicolas, il luy plaize nous favoriser pendant ce présent siège de ses sainctes grâces et protections, y ainsy es dits noms nous vouons et promettons lesdils pèlerinages et dévotions.

S'estans les dits sieurs bourgeois soubsignés C. Héraudel ; J. de Landrian ; Nie. Duboys ; D. Briard ; J. Plumeret ; d'Illoud ; Guillaume Rollet ; N. Guénon ; Ant. Vigneron ; J. Collin ; A. Regnauld ; S. Thèvenel, J. Thouvenin ; E. Choëls ; C. Thouvenel ; M. Morguin ; F. Mouzon ; N. Picard ; Pierre Petelot ; Démange Thouvenel; Regnault ; Anthoine Garnier ; N. Gronchard ; Charrey ; N. Collin; J. Papigny ; Coillez
."


Le lendemain, le sergent de la mairie fit connaître cette décision de maison en maison. Le 25 fête de l'As cension, dès le matin, la population valide et invalide accourut en l'église collégiale ; une procession eut lieu. Après la messe solennelle, devant le Saint-Sacrement exposé, l'un des notables, Jean-Baptiste Collin d'Aingeville, en remplacement de Claude Thouvenel, mayeur malade, s'avança au pied du maître-autel et, à genoux, prononça le voeu de contrition et de miséricorde, que répétèrent les assistants prosternés sur le pavé, gémissants et les mains levées au ciel. Toute la journée, l'église fut remplie de suppliants. Après ce cri de détresse, réunis au cloître, les bourgeois désignèrent deux d'entre eux, les sieurs Vigneron et François Guillot, pour faire le voyage de Nancy. On leur remit 130 fr. qu'on se procura en mettant en gage l'argenterie de l'église. Ils sortirent de la ville quelques jours après. Quand ils revinrent, La Mothe avait capitulé : elle était occupée par le vainqueur. Ils rendirent néanmoins compte de leur voyage. Leurs frais furent remboursés et leur quittance finale est datée du 5 août.


§ 6. — LE DUC DE LORRAINE NE PEUT ARRIVER


Le Duc de Lorraine était retenu en Flandre. C'est là qu'il reçut des envoyés de Cliquot lui mandant de venir délivrer la place. Il se met en route avec une armée de 6,000 hommes. Malheureusement, avis fut donné au camp de Vrécourt de sa prochaine arrivée. Au loin, on envoya le colonel Marsin avec 30 cornettes de cavalerie pour se tenir en observation et donner le signal du danger. C'est le duc d'Enghien qu'on chargea d'aller, avec une armée formidable, barrer le chemin aux troupes qui arrivaient. Le Duc Charles vint jusqu'à Longwy ; c'est là qu'eut lieu la rencontre et, malgré sa bravoure, le Duc ne peut aller plus loin et il eut la douleur de laisser sa chère forteresse aux prises avec l'ennemi qui l'écrasait.

 

§ 7. — EFFETS DES MINES


Pendant ce temps, les travaux des assiégeants avançaient ; les assiégés au contraire, sans perdre espoir et courage, voyaient leurs forces diminuer. Les vivres devenaient rares ; on était obligé de rationner toutes les bouches. Le bois manquait pour chauffer le four. On mangeait du pain à peine cuit. Les provisions de fourrage étaient épuisées, et telle était la rigueur du blocus qu'on ne pouvait sortir de la ville pour renouveler ces provisions. Il fallait abattre le bétail et le consommer en quelques jours. On en était donc réduit aux dernières extrémités. 

De leur côté, les assiégeants approchaient. Non seulement leurs tranchées arrivaient jusqu'aux fortifications, mais ils pouvaient déjà pratiquer de fortes excavations pour y installer des mines. C'est surtout sous le bastion Sainte-Barbe et sous toute la pointe d'Ische ou demi-lune que se faisaient ces travaux.

 

"Alors, dit Monglat, Magalotti résolut de prendre cette place d'une façon extraordinaire. Car, comme elle est située sur la pointe d'une montagne, il fit dessein, devant que d'arriver à la contrescarpe, de forcer la terre à mi-côte, et poussant la mine par dessus tous les dehors, faire sauter d'abord le corps de la place".

 

Le 18 juin, l'ordre fut donné de mettre le feu aux mines. Elles jouèrent et firent fort peu de bruit. L'obscurité et la pluie empêchaient d'en voir les effets. En réalité, la demi-lune qu'on avait eu dessein de faire sauter, était demeurée debout, et la contrescarpe intacte. Pas moyen de donner là. Mais à côté, le bastion Sainte-Barbe se trouvait à demi renversé dans le fossé. Les hommes du régiment de Watteville y firent un logement. Les défenseurs s'y jetèrent l'épée à la main et repoussèrent l'attaque malgré l'acharnement de M. de Saint-Maure. Il était d'ailleurs presque impossible aux Français de se maintenir sur ce logement, tant la contrescarpe était droite et la terre glissante à cause de la pluie. Tout le reste du jour, on essaya de pratiquer un autre logement à la gauche du premier ; mais on échoua encore à trois reprises, bien que Magalotti animât tous les siens par sa présence. M. de Bar, maréchal de bataille, qui était de jour, se vit atteint d'un coup de mousquet à la main droite ; Magalotti lui-même fut blessé, mais légèrement (2) .

 

§ 8. — MAGALOTTI EST TUÉ PAR DE HÉRAUDEL


Le lendemain la lutte continua, mais sans résultat décisif.

 

Le 20 juin, Magalotti fait reprendre l'attaque, mais pour lui cette journée fut fatale. Il voulait monter à l'assaut, après avoir obligé l'ennemi à se disséminer. Il ordonne une attaque sur tous les points. I! quitte un instant la brèche, court encourager la troupe qui battait le bastion Saint-Georges dans le but de forcer la porte de France, il pousse même plus loin pour voir ce qui se passe au bastion Vaudémont. Ce point du rempart était défendu par les chanoines et par d'autres ecclésiastiques. Soudain, ces Messieurs aperçoivent un officier supérieur monté sur un superbe cheval blanc. L'occasion était belle ; le prévost des chanoines, M. de Héraudel, le couche en joue en appuyant le mousquet sur l'épaule de son jeune domestique. L'officier frappé à mort, tombe entre les bras des hommes de son escorte. C'était Magalotti. On le transporte à Soulaucourt, où il meurt quelques jours après. Cet événement jeta le trouble dans le camp des assiégeants ; mais l'ordre y fut rétabli par le marquis de Villeroy, qui reprit le commandement.


§ 9. — FUNÉRAILLES DE MAGALOTTI


En mourant, Magalotti avait exprimé le désir d'être inhumé à Chaumont. Aussitôt après sa blessure, on en informa la Cour de France et après sa mort on délégua un exprès pour annoncer la triste nouvelle. Mazarin fit d'abord remettre le commandement à M. de Villeroy et donna des ordres pour qu'on lit au général des funérailles dignes de son rang et de ses mérites. Voici ce qu'à ce sujet nous lisons dans les archives de Chaumont :
 

"Le mardi 27 juin 1645, fut amené à Chaumont le corps de M. Magalotti, en son vivant baron Romain, chevalier de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, maréchal de camp, commandant l'armée de Sa Majesté au blocus et au siège de La Mothe, lequel, après avoir fait les lignes de circonvallation, parachevé les tranchées, fait brèche aux murs, donné plusieurs assauts, à la veille de triompher, fut blessé d'un coup de mousquet à la tête, en visitant les tranchées et les travaux des ennemis, le mardi 20 juin an dit, de laquelle blessure il mourut le jeudi suivant, après avoir déclaré qu'il voulait être inhumé à Chaumont".
 

Il fut amené dans son carrosse, accompagné de son aumônier, de ses gentilshommes et autres de sa suite et escorté d'infanterie et de cavalerie ; le chapitre alla le recevoir à l'entrée du faubourg Notre-Dame. Il fut conduit dans notre église porté par les pères capucins et déposé au milieu du choeur, où après avoir chanté en musique le De profundis et le rsf Libéra, on le laissa à la garde de Dieu jusqu'au lendemain, que MM. de Ville et corps d'icelle se rendirent avec l'aumônier et autres de la suite dudit seigneur, à sept heures du matin pour faire le service solennel. Rien ne manqua à la pompe et à la magnificence des obsèques. Le discours funèbre fut fait en la nef par M. Etienne Fagotin, chanoine de ladite église, qui réussit à l'honneur du défunt et à la satisfaction des auditeurs.

Le corps fut ensuite porté, couvert d'un drap de velours noir, croisé de satin blanc, dans l'église des capucins, où il resta en dépôt, jusqu'à ce qu'il plut à Sa Majesté de donner des ordres pour le lieu de la sépulture.

Le jeudi, 3 août, en vertu des ordres du Roi.envoyés aux capucins et obtenus par les soins de M. Fleury, procureur du chapitre, le corps de M. Magalotti fut rapporté de l'église des Capucins en la nôtre, par M.M. du chapitre, en observant les mêmes cérémonies que lorsqu'il y avait été conduit, et ensuite il fut déposé dans le caveau près du sépulcre.

C'est là qu'on peut voir sa tête percée de la balle qui le tua et probablement aussi les autres ossements.
 
 


§ 10. — DERNIERS ASSAUTS


Dès le 24 juin, le marquis de Villeroy visitait les travaux et réconfortait ses troupes un peu démoralisées.

Tout est remis en bon état. Le soir même, on allume de nouveaux fourneaux dans les excavations qui menaçaient la demi-lune. Le canon se joignant au feu de ces fourneaux, tous les dehors de la malheureuse forteresse furent détruits de ce côté. Dès lors, l'ennemi put s'y établir avec plusieurs bataillons. Les assiégés, de leur côté, se défendaient comme des lions. De Pruneloy y perdit la vie, de Batilli et de Villeneuve furent blessés. Dans la nuit du 27 au 28, la contrescarpe fut attaquée par cinq endroits différents avec une telle vigueur qu'elle fut enlevée, cette-fois, et que l'ennemi put arriver sur les remparts d'où il fut aussitôt délogé. Ce succès amena le marquis de Villeroy à faire une sommation au gouverneur.

 


A suivre : la capitulation

Publié dans De 1477 à 1648

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